ZebraBlog Sugus

ZebraBlog Sugus - suisse et sans pub

dimanche 13 juillet 2008

Sainte Ingrid est à Lourdes

Je réactualise cette note pour être bien comprise. Je précise ma pensée à la fin.

Ingrid agace. Ingrid m'agace. On l'avait vue amaigrie, affaiblie. "Trop tard" disaient même certains. La voici rayonnante, resplendissante. Plus troublant encore, pacifiée et sans haine. Un peu comme de retour de lointaines vacances, pleine de choses à raconter.

On l'imaginait sciée psychologiquement. Cela aurait été tellement rassurant de la savoir terrée en clinique, une armada de psy à son chevet. Le visage émacié, le regard hagard, quelques égarements mentaux... la normalité quoi! On lui aurait tout pardonné, même de s'être jetée dans la gueule des FARC. Nul n'aurait songé à demander "qui paie?".

Ingrid rayonne de santé et de bonheur, sans gêne et sans pudeur. Sa famille, ses enfants, son combat, ses états d'âme, elle est partout. Arrête Ingrid! Cela en devient indécent. Ne vois-tu donc pas tout ce qui se trame autour de toi? Le sale jeu des politiques? Celui des médias? Le pire, Ingrid voit, Ingrid sait.

Ingrid est aujourd'hui à Lourdes, bien portante parmi les malades. Elle est catho comme d'autres sont bouddhistes, s'excuse-t-elle presque à un journaliste. Ingrid dans l'antre de la bondieuserie et de la superstition. Le pire, je sais qu'elle sait. Elle sait que l'essentiel est ailleurs. Elle sait comme ceux qui, passés à travers la fournaise en sortent pacifiés.

Ingrid reste insupportable. Elle offre ce qu'elle est à tout vent, et cela menace le marasme et la médiocrité ambiants. Alors on l'oblige à monter sur un piédestal. Sainte Ingrid! Femme admirable, femme d'exception! La louer oui, mais à distance. C'est qu'elle deviendrait contagieuse cette femme, avec son message le bonheur existe, je l'ai rencontré!.

Ouf! il était temps, j'ai failli y croire! Temps que je revienne à mes petits problèmes quotidiens qui justifient mon petit malheur quotidien auquel je tiens tant. Sainte Ingrid est à Lourdes.

Et si dans la jungle, Ingrid avait appris à Écouter? À Regarder? Et à Voir...

Ce que je voulais dire :

Ingrid Betancourt me fait penser à certains qui sont sortis de camps de concentration ou de maladies graves, rayonnants et pacifiés. Parce que l'épreuve extrême détruit, mais aussi parfois sublime la personne. Ils ont comme découvert un essentiel, c'est de cela qu'ils veulent témoigner, le "sale" côté des choses ils passent comme au travers.

Ce bonheur affiché sans pudeur agace. Cette femme devrait logiquement être malheureuse après tout ce qu'elle a enduré et elle rayonne. Cela nous pose question profondément. On a aussi envie de la ramener à la réalité, à la noirceur du monde, Vatican compris! Elle sait, ne nie pas, mais passe comme à travers.

Je crois que c'est elle qui a raison. Pas à en faire une sainte, suis pas catho. Juste, à travers ses épreuves elle a découvert l'Essentiel auquel elle donne le nom de Jésus de par sa culture. Dans un autre contexte elle l'exprimerait en d'autres mots.

Photo en Creative Commons : h de c

vendredi 23 mai 2008

Yes We Can

Le discours de campagne de Barack Obama le 10 janvier 2008, dans le New Hampshire, est à l'origine de ce clip. Mis en musique par Will.i.am du groupe The Black Eyed Peas, 1 million de visiteurs par jour sur YouTube !

"Lorsque nous avons surmonté des épreuves apparemment insurmontables. Lorsqu’on nous a dit que nous n’étions pas prêts, ou qu’il ne fallait pas essayer, ou que nous ne pouvions pas, des générations d’Américains ont répondu par un simple credo qui résume l’esprit d’un peuple. Oui, nous pouvons!"

Suite du discours sur Le Monde Diplomatique

Clip vu sur ias institut für angewandte sozialwissenschaften

samedi 29 décembre 2007

Orwell se retourne dans sa tombe

Orwell rolls in his grave, documentaire de Robert Kane Pappas, 2005. En VO sous-titrée français.

Dans 1984 de Georges Orwell il y a un ministère de la vérité, dont le but n'est pas de préserver la vérité, mais de contrôler l'information afin que le pouvoir ne puisse être contesté.

Je viens de voir un film troublant. Les médias américains, de plus en plus serait au service du gouvernement. La démocratie et même Internet sont en danger. Journalistes, membre du Congrès, ancien procureur de Los Angeles, Michael Moore, producteurs de TV et d'autres s'expriment. Et en Europe? Sommes-nous capables de garder un esprit critique? Ou sommes-nous hypnotisés par l'info-divertissement, par la passion du fait divers? Très troublant !

Page du film : Orwell rolls in his grave
Voir aussi ReOpen911.info

samedi 13 octobre 2007

Prix Nobel : consécration d'un pseudo-consensus à prétention totalitaire ?

marche

Les lignes qui suivent n'ont pas pour but de semer le doute sur les rapports du GIEC qui sont une utile et nécessaire contribution aux questions climatiques. Elles visent juste un fonctionnement : une prétention au monopole de la Vérité.

Hier à l'émission Impatience, Martine Rebetez climatologue, nous a servi le discours lisse et écologiquement correct qui sévit au GIEC et dans les médias. C'est qu'un prix Nobel ça en impose !

Concernant le film d'Al Gore Une vérité qui dérange Madame Rebetez s'exprime : "Sur le plan scientifique il n'y a strictement rien à reprocher, toutes les affirmations sont correctes". Belle et imposante certitude! Dommage que d'autres émettent des réserves.

Au sujet des rapports du GIEC auxquels elle a participé : "Il s'agit de synthèses de l'état des connaissances actuelles". Et de mettre en avant l'évidence de ces synthèses, la belle unanimité qui les entoure. Les rares scientifiques émettant des réserves, soit défendent des lobbies, soit souhaitent se mettre en avant!

Je ne suis pas scientifique, juste intéressée par ce qui se dit sur le sujet. La belle unanimité dont elle parle n'existe pas. Les rapports du GIEC bénéficient de l'aura du consensus? normal ils sont soumis à consensus. Ils reflètent tout au plus l'avis d'une majorité. Certains scientifiques hors GIEC, et non des moindres, disent d'autres choses. Pardon mais je ne peux les soupçonner tous d'être vendus aux lobbies!

Concernant les propos de scientifiques qui iraient à l'encontre des conclusions du GIEC, Madame Rebetez présente cela de manière simpliste comme une polémique d'accord/pas d'accord avec le réchauffement climatique. Qui d'ailleurs en Suisse se constate à l'oeil nu. Ben voyons!

C'est juste un peu plus compliqué. Il s'agit de l'importance, du sens, des causes, des conséquences, de la valeur des modèles (passés et futurs), etc. Les questions climatiques sont infiniment complexes, concernent la communauté scientifique dans son ensemble. Le GIEC n'a aucun monopole, les divergences sont normales et doivent s'exprimer. Cette pseudo-unanimité à laquelle on veut nous faire croire est malsaine.

Les vérités scientifiques n'étant que des étapes, lorsqu'on découvrira que la Vérité qui dérange est autre ou ailleurs, aura-t-on le courage de rectifier? après la consécration d'un prix Nobel ?

Écouter la chronique
Photo : Marche mondiale 2005 pour le climat AmiCalmant