ZebraBlog Sugus

Blog en CH

lundi 28 mai 2007

Tunnel du Gothard : du rêve au cauchemar

gothard

C'est le titre du dernier Temps Présent de la TSR. Il faut le voir. Hallucinant !

Ce reportage de HansJürg Zumstein retrace toute l'histoire des NLFA, révèle le bourbier, financier, politique, géologique que traverse le projet du Gothard, c'est proprement hallucinant!

Souvenez-vous, c'était dans les années 80, les camions européens envahissaient les Alpes. La solution : le transfert du trafic marchandise de la route au rail. Le moyen : 2 grands tunnels. Le Lötschberg, et surtout la pièce maîtresse, le tunnel de base du Gothard, 57 km de long, le plus grand tunnel du monde. L'idée des NLFA était née. Coût annoncé : 14 milliards. Le bouillant Adolf Ogi réussit à convaincre les Helvètes de payer. d'ailleurs les NLFA ne coûteront rien, les coûts seront amortis en 60 ans par le rendement sur le transport des marchandises. Et j'y ai cru, et vous y avez cru puisque nous avons accepté le projet en 1992 en votation populaire. Les travaux débutent en 1993, l'inauguration est prévue pour 2005!

Mais le plan de financement est contesté. Les responsables CFF/BLS n'y croient pas, ils nient la possibilité d'un amortissement en 60 ans : le rendement du transport marchandise est beaucoup trop faible pour cela. Otto Stich non plus n'y croit pas, il en parle aujourd'hui comme d'une stupidité ou d'une tromperie. En 94 c'est la crise. Otto Stich propose de réduire le projet à un seul tunnel et de voir ensuite si le deuxième est vraiment nécessaire. Les travaux sont suspendus, mais rien n'est dit au public.

En 95 le Conseil Fédéral décide de maintenir la construction simultanée des 2 tunnels, Otto Stich démissionne, pression est faite sur Ogi pour qu'il lâche le dossier, la polémique sur le financement bloque les travaux jusqu'en... 1999!

Moritz Leuenberger qui a repris la charge de ce dossier véreux concocte un nouveau mode de financement qui conjugue TVA, taxes sur le carburant, nouvel impôt sur le trafic poids lourds (RPLP). Leuenberger promet aussi 4 milliards d'économies. Nouvelle votation populaire, nouvelle acceptation. Les 4 milliards d'économies s'avéreront... 500 millions! En 99 les travaux redémarrent avec 6 ans de retard. Mais voilà. Les montants votés ont été sous-évalués et c'est l'explosion des coûts. Le projet est revu à la baisse. Au Lötschberg 2 galeries sont creusées mais une seule est aménagée. Aujourd'hui le Lötschberg est terminé mais au Gothard les travaux sont freinés par des problèmes géologiques gigantesques : roches instables, effondrements, infiltrations d'eau, et la partie la plus problématique reste à faire. On remet l'inauguraion à 2018.

Le clou de l'histoire : Mauro Moretti, directeur général des Chemin de fer italiens, déclare que le noeud ferroviaire de Milan est aujourd'hui saturé par le trafic voyageur, inconcevable d'y faire passer les marchandises, il faudrait, contrairement à ce qui était prévu, acheminer les marchandises sur Novare. Mais cela oblige à aménager de nouveaux tracés, creuser de nouveaux tunnels. Des tunnels dont nous n'avons encore jamais entendu parler. Ou alors suggère Mauro Moretti... aménager la 2ème voie du Lötschberg, cela suffirait. Le Gothard nous n'en avons pas vraiment besoin !

Allons-nous assister à un Gothardus interrompus ? Moritz Leuenberger continue à s'enthousiasmer sur le chantier du siècle. Chantier du siècle dont la facture finale risque de s'élever, avec les constructions et aménagements sur Novare, le renchérissement, la TVA, les divers intérêts à... 32 milliards ! Alors ?

Le reportage est disponible ici. On suit l'affaire comme un polar... un polar dont la fin reste à écrire!

Photo AlpTransit
Funimag parle aussi de cette affaire. Il donne ici le texte des accords de 1999 entre la Suisse et l'Italie concernant les NLFA. Très intéressant!

lundi 21 mai 2007

Madame la Présidente chante "Les Trois Cloches" sur Youtube

calm

Pour ceux qui n'ont pas encore l'âge des Coups de coeur d'Alain Morisod, séance de rattrapage sur Youtube. Courageuse la Présidente !

Pour ceux qui l'ignorent, Micheline Calmy-Rey est Présidente de la Confédération pour 2007. Oui chez nous ça dure une année seulement ! Et la chanson "Les Trois Cloches" a été composée par le Vaudois Jean-Villard Gilles

Merci Ecov et Romanding
Merci Bibifric

jeudi 3 mai 2007

Western rösti

luz

Un homme et son fils s’approchent de la place du village. L’atmosphère est lourde. Le silence règne, la caméra fait un travelling avant sur la poussière soulevée par leurs pas. Un plan panoramique nous montre les lieux. La tension est palpable. Quelqu’un demande : qui es-tu ? L’homme répond : mon nom est Tell, Guillaume Tell ! La version anglaise est légèrement différente: my name William Tell…. but call me W. Tell.
Un autre homme, assis sur son cheval piaffant, contrôle les gens qui passent. La caméra, en plan de coupe, nous montre son visage buriné et mal rasé. C’est Gessler, le bailli qui représente le pouvoir des Habsbourg. Il exige que l’on salue un chapeau planté sur une pique en signe de respect à l’autorité des princes.
Guillaume Tell refuse de saluer le chapeau malgré les ordres. Gessler se saisit de son fils, le place contre un arbre et lui met une pomme sur la tête. Il veut obliger Guillaume Tell à tirer un trait de son arbalète sur cette pomme.
Guillaume est prêt avec son arme. La caméra fait un gros plan sur son visage puis enchaîne sur un gros plan du visage de Gessler. Guillaume, qui comme tout bon suisse porte son cor des alpes toujours avec lui, se met à jouer. (La musique de l’homme à l’harmonica, Ennio Morricone, retentit). La caméra fait un très gros plan sur le visage de Guillaume, on distingue les gouttes de sueur sur son front. Puis vient un très gros plan du visage de Gessler, une mouche vient se poser sur son nez.
Enfin le trait part. Le ralenti montre la flèche tournoyant dans l’air. Celle-ci vient se planter avec un bruit fracassant dans le tronc d’arbre, transperçant le fruit posé sur la tête de l’enfant. La musique retentit.

La suite du film est faite de capture, d’emprisonnement, d’évasion et de la liquidation du méchant. Tous les éléments d’un grand classique sont réunis et c’est peut-être la naissance d’un nouveau genre cinématographique: le film historique spaghetti ou le western rösti !

Raconté ce matin par Moritz Leuenberger Conseiller fédéral, lors du 1er sommet 2007 Eurovision TV, de l’Union européenne de radio-télévision (UER–EBU) à Lucerne.

Et dire que lorsque j'entendais cette histoire à l'école je croyais que Guillaume Tell, son fils, le méchant Gessler et la pomme avaient réellement existé !

Discours entier

mercredi 2 mai 2007

Les communes transmettent les données personnelles à des fins publicitaires

spam

Souvent je peste contre la pub adressée que je remets illico dans une boîte avec la mention "Refusé". Et je me demande : mais comment a-t-on pu obtenir mon adresse ? Au hasard dans l'annuaire téléphonique ? Mais encore ? Si la mésaventure vous arrive, il se pourrait que ce soit votre commune qui vous ait trahi !

L'émission de la RSR "On en parle" de ce matin Protection des données :

Dans le canton de Vaud lorsqu'une personne s'inscrit au contrôle des habitants d'une commune, les données la concernant sont transmises (données ou vendues) à l'entreprise BVA société de marketing direct. Il s'agit des nom, prénon, adresse, année de naissance, état civil, nationalité, origine, profession, sexe, date de naissance des enfants. Ces données sont ensuite négociées par BVA auprès des entreprises qui veulent faire de la publicité. BVA se charge de l'étiquetage, ce qui devrait en principe garantir la protection des données. C'est la FRC qui a levé le voile sur cette pratique, courante aussi dans les cantons de Fribourg, Valais, Neuchâtel, Jura.

J'ai voulu savoir ce qu'il en était dans le canton de Neuchâtel et j'ai contacté les administrations communales de Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds.

Eh ben oui, un arrêté du Conseil d'Etat de 1988 autorise cette pratique. Mais la compétence étant du ressort des Conseils communaux, la commune de la Chaux-de-Fonds ne l'applique pas, les données personnelles ne sont pas transmises. Bravo la Tchaux !

Depuis le 1er avril 2007 le spamming est interdit en Suisse, sa pratique punissable. Source. La publicité adressée non demandée, qu'est-ce d'autre que du spam-papier? Et ce sont nos communes qui offrent nos adresses - et bien plus - aux spammeurs!

Écouter la chronique de l'émission On en parle.

Photo LIBERT