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dimanche 29 janvier 2006

Farel à Serrières, ou lorsque les pierres se faisaient chaires

Décembre 1529. Un bateau, parti de la rive opposée du lac, cingle vers celle que nous habitons. Sur ce bateau un chétif français de petite taille, le teint brûlé par le soleil, portant quelques touffes de barbe rousse. Mais cet homme sans apparence cache un tempérament de feu. Il vient au nom de Jésus son Seigneur prendre possession de la terre de Neuchâtel. Vous avez reconnu notre père Farel!

Le bateau passe devant la ville et se dirige vers Serrières, point d'attaque choisi par le Réformateur. En effet il avait appris qu'Emer Beynon, curé de Serrières, "avait quelque goût pour l'Evangile". Autre avantage, la cure de Serrières dépendait alors pour le spirituel, non de Neuchâtel, mais de Bienne, ville qui venait de passer à la Réforme. Serrières faisait donc l'effet d'une brèche ouverte à l'Evangile par la Providence.

Maître Emer reçoit son visiteur avec joie, mais son embarras est grand. Farel est interdit de prédication dans toutes les églises du comté, et Beynon ne se sent pas le courage de lui offrir sa chaire. Mais s'il est interdit que Farel prêche dans l'église, il ne l'est pas qu'il prêche devant l'église. C'est ainsi que dans le cimetière qui entoure le temple, Farel monte sur une pierre et de là, prêche à la foule.

A l'ouïe de la prédication de Farel à Serrières, immense rumeur à Neuchâtel. Les bourgeois accourent de la ville pour l'entendre. Les chanoines et le clergé catholique s'émeuvent et cherchent les moyens de réprimer le mouvement qui se lève. Ils mettraient volontiers la main sur Farel, mais la crainte des seigneurs de Berne les fait hésiter. Pendant qu'ils délibèrent, les bourgeois entraînent Farel à Neuchâtel : "Venez, lui disent-ils, prêchez-nous "en ville". Entouré de ses nouveaux amis, Farel entre en ville et c'est à la Croix-du-Marché en plein air, qu'il donne son premier sermon à Neuchâtel.

A Serrières, la pierre que l'on dit avoir servi de chaire au Réformateur existe encore. Elle a été introduite en 1829 dans la muraille du temple avec cette inscription en vers (voir photo):

"C'est dans ce lieu sacré sous la voute des Cieux, que de notre pays, Réformateur heureux, Farel a commencé d'annoncer l'Evangile. D'auditeurs attentifs il peuploit cet azyle. Puisse son zèle ardent, tout-puissant sur les coeurs, revivre dans ses..." La suite illisible, derrière les géraniums.

Source: Histoire de la Réformation et du Refuge dans le pays de Neuchâtel par F. Godet, pasteur Edité en 1859 à Neuchâtel TROISIEME CONFERENCE LA REFORMATION DANS LA VILLE

Mais cette version des choses tient sans doute plus de la légende que de la réalité.

samedi 28 janvier 2006

Une nécropole aux Battieux

Au Laténium on peut voir une tombe maçonnée mérovingienne provenant de la nécropole des Battieux. Elle contient les restes d'une femme adulte et d'un jeune de 12-13 ans. Cette tombe provient de fouilles datant de 1982.

Dans l'ouvrage datant de 1897 "Le Canton de Neuchâtel", l'historien Quartier-la-Tente raconte la première découverte en 1837 de 150 tombeaux dans le quartier des Battieux, région Perrière/Troncs/Jean-de-la-Grange selon un ancien plan. Chaque tombe était murée et recouverte de dalles, le fond des fosses était pavé. Pour la petite histoire, une de ces dalles de sept pieds de longueur et quatre de largeur a été récupérée pour être utilisée dans un pressoir du village!

D'autres fouilles ont été entreprises, qui mirent à jour d'autres tombes ainsi que des vestiges (outils, bijoux, monnaies) remontant aux helvéto-romains.

La visite du Laténium commence à l'extérieur. Et si vous choisissez un matin d'hiver alors que le site est désert, c'est magique!

"Les morts ne sont pas à plaindre, ils ont résolu tous les problèmes, en commençant par celui de la mort." Cioran

jeudi 26 janvier 2006

Le Pont Berthier: histoire et petite histoire!

Un peu d'histoire

Fait bien connu, la principauté de Neuchâtel pendant longtemps appartenait au roi de Prusse.

En 1806 Frédéric-Guillaume III avait des vues sur la région du Hanovre (Allemagne). Pour se la procurer il utilisa Neuchâtel comme monnaie d'échange dans un troc avec Napoléon. C'est ainsi que le 28 février 1806, les Neuchâtelois devinrent français.

Comme nous le savons, Napoléon avait d'autres chats à fouetter! Aussi offrit-il la principauté de Neuchâtel à l'un de ses maréchaux Alexandre Berthier, et le 18 novembre 1806, le pays jura fidélité à son nouveau prince. Berthier lui-même, trop absorbé par ses engagements militaires, s'en remit au gouvernement existant et signait les décrets à distance! Il régna sur Neuchâtel pendant 7 ans sans jamais prendre le temps d'y mettre les pieds.

A la chute de Napoléon les diplomates discutèrent du sort de Neuchâtel. La région resterait-elle possession de Berthier? redeviendrait-elle principauté du roi de Prusse? entrerait-elle dans la Confédération suisse? Frédéric-Guillaume III fit état de sa volonté de reprendre le pays, en acceptant que la principauté se rapproche de la Suisse. Les négociations de l'entrée dans la Confédération furent ratifiées en 1815 au Congrès de Vienne.

Le pont Alexandre Berthier

C'est en 1789 que N.Céard, ingénieur en chef de la route du Simplon, présenta ses plans au Conseil de Ville. Il écrivait dans un mémoire de 1820: "Ce pont, exécuté dans un endroit difficile, fait par sa masse et sa grandeur, le plus imposant monument de la Suisse, et il en sera sûrement le plus durable."

Les travaux débutèrent en 1807, après que Berthier eut donné l'autorisation. Le Conseil d'Etat écrivit à Berthier que cette entreprise "serait doublement précieuse à tous ses sujets, puisqu'ils n'en jouiraient jamais sans se rappeler que c'est à sa sollicitude paternelle qu'ils la doivent."

Berthier répondit par la voix du gouverneur Lespérut: "Son Altesse Sérénissime, notre gracieux Prince, consent à ce que le pont de Serrières auquel on va travailler porte le nom de "Pont Alexandre" (Berthier) et ce pour donner une nouvelle preuve de l'attachement qu'elle porte à la ville de Neuchâtel." Le pont fut construit en deux ans. Sur les anciennes représentations du pont il est toujours question du "Pont Alexandre".

Chaque fois que nous le traversons, souvenons-nous que c'est à la sollicitude paternelle d'Alexandre Berthier que nous le devons.

Photo Alexandre Berthier: Wikipedia

Source : "Le Canton de Neuchâtel" de Quartier-La-Tente

mercredi 25 janvier 2006

Art brut à Tivoli

Cet escalier y conduit (depuis Pont Berthier). A visiter pendant qu'il est encore temps!

Article de L'Express du 23/01/2006:

"Tivoli-sud mis à l'enquête. Comment mettre en valeur la zone qui va de la rue de Tivoli au chemin Vieux? Le plan de quartier s'articule autour de deux longs bâtiments parallèles à la rue de Tivoli. Un peu plus d'un an après avoir été déposé à la section de l'urbanisme de la Ville de Neuchâtel, le projet de plan de quartier «Tivoli-sud et vallon» passe depuis vendredi l'importante étape de la mise à l'enquête publique. Il s'agit, matériellement, d'un solide dossier: outre des plans au 1: 500, il comprend un rapport explicatif, une étude d'impact sur l'environnement et un règlement. Le tout peut être consulté au 3 du faubourg du Lac jusqu'au 20 février."