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jeudi 20 mars 2008

Les fraises de la honte dans nos supermarchés !

frais

Celles de Huelva en Espagne. Précisément celles que l'on trouve depuis fin janvier dans tous nos supermarchés. Oui celles que vous avez mangé en dessert il y a 2 jours, et dont vous avez fait provision aujourd'hui. 2.95 la livre chez Coop, il faut profiter !

Je ne mange pas de fraises de Huelva. Pourquoi ?

  • Pour ne pas m'empoisonner. Ces fraises produites hors saison sous une mer de plastic, sont cultivées avec moult engrais et pesticides : insecticides, fongicides. Des analyses labo effectuées par l'émission À Bon Entendeur en 2007, ont révélé jusqu'à 5 fongicides différents par fraise. Certains échantillons étaient impropres à la consommation. Fraises de Huelva non merci!
  • Parce que les fraises ne sont pas seulement pesticidées et fongicidées, elles bénéficient d'un assaisonnement spécial grâce aux cheminées d'un gigantesque complexe industriel : raffinerie, engrais, produits chimiques, etc. La mortalité par cancer à Huelva est 25% plus importante que dans le reste de l'Espagne et on est en train de soupçonner les dizaines de cheminées qui empestent la région et la contamination de l'eau. C'est dans ce lieu idyllique, au pied des cheminées, que mûrissent les fruits. Fraises de Huelva non merci!

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  • Pour ne pas empoisonner l'environnement. Ces fraises parcourent plus de 2000 km par camion : pollution, émissions de CO2, particules fines. À ces joyeusetés s'ajoute le fait que les fraises, pour ne pas moisir en route, doivent subir un traitement chimique supplémentaire par giclage. Bon appétit aux enfants qui se servent directement dans la barquette ! De toute façon laver les fruits ne les débarrassent pas des pesticides. Fraises de Huelva non merci !
  • Pour ne pas être complice de conditions de travail scandaleuses. Africains sans papiers ou travailleuses des pays de l'Est, ils vivent dans des chabolas, sortes de baraquements de plastic insalubres. Salaires de misère, conditions de travail très pénibles, protections contre les pesticides souvent insuffisantes. Pas de miracle ! Pour que les fraises de Huelva puissent être vendues Fr. 2.95 la livre après un si long voyage, quelqu'un doit payer. En l'occurrence les exploités sur place ! Fraises de Huelva non merci !

fraises

Et vous? Les préférez-vous en tartelettes ou au sucre avec de la crème ?

Ou si comme moi vous en avez marre, signez et faites signer le manifeste Ras la Fraise!

Les analyses de ABE ont révélé que les autres fraises d'Espagne, d'Italie et même du sud de la France sont aussi contaminées dans une moindre mesure. Sans doute à cause des traitements que nécessitent les longs transports en camion. Pour des fraises plus propres, attendre la production locale.

Photo du haut : Fraises de Huelva, Coop du centre de Neuchâtel.

Merci à Georges Bartoli pour les 2 photos des plantations de Huelva.

Les enquêtes de l'émission À Bon Entendeur :

Autres photos sur Flickr :

Oui, Huelva c'est ça !

mardi 11 mars 2008

Le monde selon Monsanto

mons

Documentaire explosif de Marie-Monique Robin. Vous l'avez loupé sur la TSR, IL FAUT le voir ce soir à 21h sur Arte.

"Enquête exceptionnelle et explosive sur une multinationale controversée. Leader mondial des OGM, la firme américaine, Monsanto est au coeur de nombreuses polémiques. Ce documentaire d'investigation revient sur plusieurs affaires mettant en cause la multinationale. Pressions, corruption et rapports mensongers font partie des pratiques de ce géant de l'agro-alimentaire. Film militant, Monsanto explore ce mécanisme incessant de l'économie moderne et de la mondialisation à travers une étude de cas."

Monsanto, une multinationale qui vous veut du bien...

La bande annonce. Le livre. Le DVD.

Rediffusion : les 13.03.2008 à 00:50 et 31.03.2008 à 03:00
Nombreux extraits sur DailyMotion
disponible sur Arte pendant 7 jours pour les francais : ici
Merci Texmex

Interview de Marie-Monique Robin

Photo TSR

mercredi 27 février 2008

Les particules fines tuent !

pol

Un véhicule privé passe affichant en gros : "nuit gravement à la santé!" Sur un camion de fraises en provenance d'Espagne : "ce véhicule tue!" Les étalages des beaux fruits et légumes hors-saison pleins de vitamines avertissent : "ces denrée contribuent à détruire les poumons de vos enfants par les particules fines que leur transport génère!" À la une des médias, l'histoire de ces assassins qui surchauffent leur maison pour passer l'hiver en t-shirt. On récolte en un rien de temps des signatures pour des initiatives, et des électeurs décident à 79,2% d'interdire les émissions de particules fines dans l'espace public.

Impossible! C'est pourtant dans la logique de la traque à la fumée et aux fumeurs. Nos poumons n'apprécient pas la fumée passive c'est certain. Mais rien n'oblige à s'attarder dans un bistrot enfumé, il est relativement facile de préserver nos enfants.

Les particules fines impossible d'y échapper. Sur les trottoirs les enfants en bas âge sont les premiers servis par les pots d'échappement. Va-t-on certains jours fermer écoles et crèches pour préserver quelque peu les poumons des plus jeunes? En ville l'intérieur des maisons est aussi pollué.

Il faudrait... il faut du courage politique pour imposer des mesures impopulaires. Impopulaires vraiment? Pas si sûr, car la prise de conscience est présente. Mais renoncer à sa voiture alors que le trafic continue d'augmenter, investir dans le solaire alors que le chauffage du voisin continue d'empester toutes fenêtres ouvertes, acheter des légumes du pays que l'on doit chercher tant ils sont rares et peu valorisés dans les étalages, celui qui fait cet effort a l'impression d'être le dindon de la farce! Mais beaucoup sont prêts à un effort, s'il est partagé et apporte des résultats.

pollu

En attendant, à Genève on pourra toujours tenter d'échapper aux particules fines en se réfugiant dans les bistrots sans fumée !

Hier sur le site de la Confédération un encadré :

"L’exposition aux poussières fines affecte grandement la santé de la population. Nombre de nouvelles études confirment ainsi que les symptômes aigus et chroniques se multiplient lorsque l’exposition s’accroît, et que le risque de mourir prématurément augmente. Il est par ailleurs impossible d’identifier un seuil pour ces effets, qui peuvent apparaître même lorsque les concentrations de substances nocives sont faibles.
De trop fortes émissions de poussières fines engendrent des immissions excessives, qui demeurent problématiques en Suisse, car les valeurs limites en vigueur sont régulièrement dépassées. Il convient en outre d’accorder une attention spéciale aux particules de suie dont les valeurs maximales à proximité des routes avoisinent 5 µg/m3. Ces particules sont en effet cancérigènes et l’OPair exige de réduire au minimum les émissions de ce type de substances."

Crédit photos Swissinfo. En 24h, ce filtre de mesure (photo) posé à Zurich est passé du blanc au noir. C'était... il y a 2 ans! J'en avais parlé ici. Depuis rien n'a changé.

jeudi 17 janvier 2008

Manger de la viande : impact sur l'environnement et sur la société

viande

Ceci est une suite au précédent billet De la luzerne au steak sans passer par la vache. Ces lignes ont été écrites en commentaire par Martouf. Elles méritent qu'on s'y arrête.

"Cette histoire me rappelle un court-métrage qui était présenté au pavillon "Territoire imaginaire" sur l'arteplage de Bienne lors d'Expo02. Dans ce pavillon, étaient présentés 5 courts métrages d'anticipation sur la vie des suisses du futur. Un de ces courts métrages avait pour sujet les "Food Designer". Ce métier futuriste (qui le semble de moins en moins) décrivait la vie d'une personne en train de concevoir un steak à partir de viande de synthèse. Il me semble qu'on y parlait aussi de viande au goût de boeuf faite à partir de "viande" d'insectes.

Peut être que cette nouvelle manière de produire de la viande sera une solution à tous les préjudices environnementaux et sociaux qui découlent de la consommation de viande.

En effet, il me semble que l'on en parle pas assez, la consommation de viande entraîne une foule de conséquences écologiques et sociales qui sont parfois insoupçonnées.

La consommation de viande implique qu'il faut élever des animaux pour les manger, donc il faut les loger et les nourrir. Pour les nourrir, il faut cultiver des champs, et pour cultiver des champs il faut parfois défricher un bout de forêt.

Pour le tout, il faut beaucoup d'eau et beaucoup d'énergie. On compte que pour faire 1kg de viande, il faut 25'000 litres d'eau! C'est en gros la quantité d'eau utilisée, par année, pour se doucher 5 min par jour !

Il est également connu que les bovins émettent beaucoup de méthane. Un gaz à effet de serre qui a un potentiel de réchauffement 23 fois plus élevé que le CO2.

En équivalent CO2, un steak de boeuf de 100g correspond à 2.3Kg eq CO2. Ce qui peut se rapporter dans l'ordre de grandeur d'un parcours en voiture de 50km !

A cela on ajoute le fait que l'agriculture n'est que le moyen de transformer du pétrole en aliment comestible, donc on épuise les réserves de pétrole. En effet, l'agriculture moderne est basée sur les engrais, et les engrais sont principalement fabriqués avec du pétrole. Le boulot de la plante c'est de grossir en mangeant des engrais pour se faire manger par des animaux qui seront mangé par des humains.

Pour avoir la place de faire des cultures de nourriture pour animaux, parfois on augmente la déforestation, ce qui à l'effet pervers de recycler encore moins les émission de CO2 que l'on va produire encore plus!

Il semble, d'après la FAO que 78%, des terres agricoles mondiales sont utilisées nourrir des animaux.

Tout ces problèmes ne sont pas si grave quand on consomme peu de viande. Le problème c'est que ce n'est pas le cas du tout. La consommation de viande par année par personne en europe est passée de 30kg en 1919 à 50kg dans les années 1950 puis environ 100kg par année par personne actuellement.

Il est devenu normal de manger de la viande tous les jours!

Donc, réduisez votre empreinte écologique: devenez végétarien !

Dans une vision moins extrémiste, on est pas obligé de renoncer à la viande. Elle contient tout de même des protéines utiles. Mais avec la surface agricole gagnée en nourrissant directement des humains et non des animaux, on peut avoir suffisamment de protéines végétales de qualité pour survivre correctement !

Toutes les sources de ces informations sont disponibles dans plusieurs documents, donc un particulièrement bien fait par nos amis belges qui se trouve à l'adresse suivante (pdf).

Vu sous cet angle, la consommation de viande risque bien de changer prochainement avec la vague de conscience écologique qui débarque... De quoi sera fait l'avenir?... De viande humaine de synthèse ou de végétariens ?"

Merci Martouf