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Un musée. Un de ces musées où gosse je passais des heures, fascinée, souvent ne comprenant rien à ce que je voyais. Sur le mur dessiné un long, très long ruban, qui figurait l'évolution, ou plutôt le temps de l'évolution. Au début il ne se passait pas grand chose. Entre de grands vides quelques événements marquants. Je me souviens d'un truc qui ressemblait à un microbe. Plus loin, beaucoup plus loin une sorte de têtard barbotait. Plus loin encore des pattes lui sont poussées et voilà comme une salamandre qui sort de l'eau. Progressivement la faune se diversifie. Un dinosaure crève la paroi. Cela devient vraiment intéressant à l'arrivée de l'ancêtre australopithèque, suivi d'habilis, erectus, sapiens, cro-magnon, vous connaissez la famille ! Le lointain cousin de Néandertal à l'époque est traité de rustre sauvage. On est presqu'à la fin de la ligne du temps.

Ce qui me fascinait c'était l'accélération. Les événements marquants se rapprochaient, se précipitaient, se bousculaient. La sédentarisation, l’élevage, l’agriculture, l'écriture, à l'échelle de la ligne du temps c'est comme si c'était hier. L'invention de l'imprimerie devenait événement presque contemporain. L'informatique et Internet n'y figuraient pas encore.

Cette accélération me fascinait. Je la sentais inéluctable, et je ne voyais pas comment on pourrait continuer la ligne. Trop de choses se passaient trop vite, on allait manquer de temps!

"Un groupe d’ordinateurs de niveau humain prend 2 ans pour doubler la vitesse des ordinateurs. Il prennent ensuite 2 autres années subjectives, soit 1 année en termes humains, pour la doubler à nouveau. Puis ils prennent à nouveau 2 années subjectives, soit six mois, pour la doubler une nouvelle fois. Après un total de quatre ans, la puissance de calcul atteint l’infini." Source

"Mille ans à tes yeux sont comme le jour d’hier qui passe, une garde dans la nuit." Psaume 90, version Chouraqui.

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