On est en 1892, Paris manque d'eau. Les sources locales sont largement insuffisantes, les eaux des rivières déjà fortement polluées. Un ingénieur neuchâtelois Guillaume Ritter propose d'alimenter la capitale française en eau propre dite "des Alpes" pompée dans le lac de Neuchâtel. Il fait des plans qu'il présente aux autorités de la ville de Paris :

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  • Dévier les eaux du lac de Neuchâtel jusqu'à Paris (> 500'000 mètres cube par jour)
  • Par un canal, globalement à la descente (- 280 m de dénivellation sur 550 km)
  • Passant par tunnels (63.3 km au total, dont un grand de 36.8 km sous le Jura)
  • Par ponts-acquéducs (118.5 km au total), comme les romains
  • Par siphons (29.5 km)
  • Par tranchées ouvertes (255.3 km)

Plan détaillé ici.

Alors pourquoi Paris ne boit-elle pas l'eau du lac de Neuchâtel? Parce que parallèlement les Parisiens se mettent à forer leur sous-sol profond et ils découvrent un immense aquifère, réservoir bien plus grand que le petit lac de Neuchâtel. les premiers forages sont jaillissants, l'eau remonte toute seule : "eau artésienne". Les Parisiens peuvent se passer du lac de Neuchâtel.

Guillaume Ritter n'était pas un farfelu mais un visionnaire. C'est lui qui a construit l'Église Rouge de Neuchâtel. Il est aussi à l'origine de plan d'approvisionnement en eau potable de La Chaux-de-Fonds avec l'eau de l'Areuse. C'était en 1887. Il avait eu moins de chance en 1869 dans son projet de transformer Fribourg et le plateau de Pérolles en cité industrielle avec la création d'un lac artificiel. La conjoncture étant difficile, le financement problématique, la faillite fut inévitable et Ritter laissa sa fortune personnelle dans l'aventure.

Sources :
Memo l'industrie au XIXe siècle
Memo La vie et les progrès sous la République
Géol.unine
Photo Guillaume Ritter Fonds William Ritter