soupe

Après avoir dénoncé ici et ici les dérives du sandwich industriel, vais-je entrer dans la secte du tout-nature, du tout fait-maison ?

Que nenni. Il y a un temps pour se faire plaisir et faire plaisir en cuisinant les produits du marché, pour autant qu'on y trouve plaisir ! Il y a des temps pour ouvrir une soupe instantanée, glisser une pizza toute prête dans le four, ouvrir un sachet de salade prélavée. C'est tellement pratique pourquoi s'en priver ? Il y a tellement mieux à faire que passer des heures dans sa cuisine ! Merci à la bouffe industrielle qui nous libère lorsque la cuisine devient corvée ! Oui mais pas n'importe quelle bouffe ! Certains l'ont compris, qui font de la qualité des produits un argument marketing. Exemple cette soupe instantanée : aucun additif en E, peu de matière grasse et aucune hydrogénée.

Il est de bon ton de dénigrer la bouffe d'aujourd'hui, d'idéaliser le bon vieux temps, le goût et la qualité des produits naturels d'autrefois. Fantasme ! Au 19e siècle on reverdissait les feuilles de thé avec des plaques de cuivre, on colorait les bonbons aux oxydes de chrome ou de plomb et nul ne s'en offusquait. Source. Au milieu du 20e les denrées étaient entreposées à l'air libre souvent hors frigo (poussières, parasites, champignons et moisissures cancérigènes), les salades humides étaient emballées dans les vieux journaux sans souci de la toxicité de l'encre. La 2ème partie du 20e vit l'arrivée de nouveaux produits de traitement pour l'agriculture, on les connaissait mal, on les utilisait à tort et à travers souvent hors toute réglementation. Exemple le tristement célèbre DDT qui valu à Paul Hermann Müller un prix Nobel de médecine (1948), avant d'être interdit dans les années 70 ! La bonne nourriture du bon vieux temps c'est un fantasme !

Nous avons aujourd'hui les moyens d'une nourriture de qualité et l'avantage d'être informés sur les produits. Le monde de la bouffe n'est pas partagé entre le Bien qui serait du côté de la nature et le Mal qui serait du côté de la convenience food. Les agents conservateurs sont parfois nécessaires, ils ne sont pas le diable. Certaines toxines bien que naturelles sont très dangereuses (aflatoxine). Le choix est au consommateur, le producteur suivra.