Richard Stallman à Lausanne
Par Sugus, lundi 18 juin 2007 à 17:59 :: Vaud :: lien permanent 584

Ce matin Richard Stallman était à Lausanne pour une conférence : Éthique et pratique du logiciel libre. Il est à l'origine du projet GNU. J'en avais parlé ici.
Richard Stallman s'est exprimé en français dans une salle bondée, devant un public convaincu qui riait et applaudissait à chacune de ses pointes contre Microsoft. Quelques lignes du début de sa conférence que j'ai enregistrée. La qualité est trop mauvaise pour que je mette l'audio ici. Il parle ici des 4 libertés essentielles des logiciels libres, en opposition avec les logiciels propriétaires qu'il nomme intentionnellement "privateurs", qui privent l'utilisateur de sa liberté.
- Liberté no 0 : Faire tourner le programme
- Liberté no 1: Accéder au code source
- Liberté no 2 : Partager avec son voisin
- Liberté no 3 : Modifier et redistribuer le programme
La liberté no 2 est essentielle pour vivre une vie éthique. Sans la liberté no 2, lorsque ton ami te demande une copie, tu seras obligé de choisir entre 2 maux : soit lui donner une copie en transgressant la licence du programme, soit lui refuser la copie et respecter la licence du programme. Devant ce dilemme tu doit choisir le moindre mal : lui donner une copie. Pourquoi est-ce là le moindre mal ? parce que lorsque tu es obligé de faire du mal à quelqu'un, il est préférable de le faire à celui qui le mérite. Et à ton ami tu dois collaboration. Le moindre mal n'est pas le bien. Il n'est jamais bon de conclure un accord et de ne pas le suivre. Et si tu donnes une copie à ton ami, qu'est-ce qu'il aura ? une copie non autorisée d'un programme privateur, ce qui est presque aussi mauvais qu'une copie autorisée.

Donc il faut s'arranger pour ne pas tomber dans ce dilemme. Il y a deux manières : ne pas avoir d'amis (c'est la manière proposée par les développeurs des logiciels privateurs) ou ne pas utiliser de logiciels privateurs. Si quelqu'un m'offre un programme même excellent me demandant de faire la promesse de ne pas le partager avec toi, je refuse parce que ma conscience l'exige.
Le développeur du programme privateur impose son pouvoir non seulement par la licence mais aussi à travers le code source du programme. Beaucoup de programmes privateurs contiennent des fonctionnalités malveillantes impossibles à détecter sans la liberté no 1, visant à surveiller, restreindre, parfois attaquer l'utilisateur. Un programme privateur qui pratique la surveillance de l'utilisateur et que peut-être tu connais de nom s'appelle "Microsoft windows". Lorsque l'utilisateur utilise la fonctionnalité des menus pour chercher un mot dans ses propres fichiers, windows envoie un message à Microsoft pour l'informer du mot recherché. Lorsque windows demande une mise à jour il envoie à Microsoft la liste de tous les programmes installés sur la machine. Microsoft n'a jamais annoncé ces 2 fonctionnalités malveillantes, il a fallu des investigations pour les détecter. Peut-être d'autres restent à découvrir. Realplayer fait la même chose, et je crois même que Realplayer l'a fait le premier car Microsoft est connu pour ne faire que de l'imitation.
Beaucoup de programmes privateurs font de la surveillance, mais il y a des choses encore pires comme la fonctionnalité de ne pas fonctionner : "je ne veux pas copier ce fichier bien que ce soit dans ton ordinateur parce que je ne t'aime pas!" Ce genre de fonctionnalité malveillante s'appelle DRM.[1]
Windows vista a été conçu pour serrer encore plus fort les menottes. Son but principal est de s'emparer complètement de l'ordinateur de l'utilisateur. Évidemment il ne faut pas utiliser windows mais le jeter par la fenêtre. Si quelqu'un n'est pas prêt à le faire, au moins qu'il n'utilise pas vista.
Si l'utilisateur d'un programme privateur a un problème il doit prier : "Oh! développeur omnipotent fais ce changement pour moi" et souvent il doit payer pour être écouté. Le développeur dit alors : "Merci beaucoup, dans 6 mois il y aura une mise à jour, vous verrez si nous avons corrigé votre problème et quel nouveau problème il y a. La liberté c'est de ne pas avoir de maître, et en informatique, la liberté c'est de ne pas utiliser de logiciels privateurs.
Notes
[1] Digital Rights Management. Gestion numérique des droits d'auteur. Terme générique désignant les techniques de protection contre la copie des fichiers multimédia. Ces systèmes ont généralement pour objectif, non pas de protéger les auteurs, mais de fliquer les consommateurs, pour qu'ils payent plus et plus souvent. Jargon français.
