Western rösti
Par Sugus, jeudi 3 mai 2007 à 11:37 :: Suissitude :: lien permanent 535
Un homme et son fils s’approchent de la place du village. L’atmosphère est lourde. Le silence règne, la caméra fait un travelling avant sur la poussière soulevée par leurs pas. Un plan panoramique nous montre les lieux. La tension est palpable. Quelqu’un demande : qui es-tu ? L’homme répond : mon nom est Tell, Guillaume Tell ! La version anglaise est légèrement différente: my name William Tell…. but call me W. Tell.
Un autre homme, assis sur son cheval piaffant, contrôle les gens qui passent. La caméra, en plan de coupe, nous montre son visage buriné et mal rasé. C’est Gessler, le bailli qui représente le pouvoir des Habsbourg. Il exige que l’on salue un chapeau planté sur une pique en signe de respect à l’autorité des princes.
Guillaume Tell refuse de saluer le chapeau malgré les ordres. Gessler se saisit de son fils, le place contre un arbre et lui met une pomme sur la tête. Il veut obliger Guillaume Tell à tirer un trait de son arbalète sur cette pomme.
Guillaume est prêt avec son arme. La caméra fait un gros plan sur son visage puis enchaîne sur un gros plan du visage de Gessler. Guillaume, qui comme tout bon suisse porte son cor des alpes toujours avec lui, se met à jouer. (La musique de l’homme à l’harmonica, Ennio Morricone, retentit). La caméra fait un très gros plan sur le visage de Guillaume, on distingue les gouttes de sueur sur son front. Puis vient un très gros plan du visage de Gessler, une mouche vient se poser sur son nez.
Enfin le trait part. Le ralenti montre la flèche tournoyant dans l’air. Celle-ci vient se planter avec un bruit fracassant dans le tronc d’arbre, transperçant le fruit posé sur la tête de l’enfant. La musique retentit.
La suite du film est faite de capture, d’emprisonnement, d’évasion et de la liquidation du méchant. Tous les éléments d’un grand classique sont réunis et c’est peut-être la naissance d’un nouveau genre cinématographique: le film historique spaghetti ou le western rösti !
Raconté ce matin par Moritz Leuenberger Conseiller fédéral, lors du 1er sommet 2007 Eurovision TV, de l’Union européenne de radio-télévision (UER–EBU) à Lucerne.
Et dire que lorsque j'entendais cette histoire à l'école je croyais que Guillaume Tell, son fils, le méchant Gessler et la pomme avaient réellement existé !

