foret

Il y eut d'abord le péril jaune. Les Chinois de plus en plus nombreux allaient envahir l'Occident. C'est aujourd'hui en touristes qu'ils viennent voir nos Alpes... ou parler affaires !

Avec la guerre froide le péril vira au rouge. La menace venait de Moscou et en 1962 on frôla effectivement la catastrophe. Pour se prémunir on inventa le téléphone rouge et en Suisse on construisait des abris. La catastrophe arriva comme on ne l'attendait pas. Elle eut pour nom Tchernobyl.

Le péril suivant passa au vert. Il se nommait mort des forêts. Les pluies acides venues de l'est avec la complicité du méchant bostryche dévastaient nos belles forêts. En suisse on signait des initiatives qui n'aboutirent pas. Le bostryche et les forêts sont toujours là, on a oublié que les pluies pouvaient être acides.

La grande trouille fut ensuite le trou découvert dans la couche d'ozone. Les textiles se firent plus couvrants et anti-UV, les crèmes adoptèrent le "standart australien", on banit les CFC. Le trou et le soleil sont toujours là, nos peurs déjà sont ailleurs.

C'est la grippe aviaire qui les mobilisa. Tamiflu, masques de protection, confinement des volailles, plan catastrophe : le vilain virus est attendu de pied ferme. Suffit qu'il s'attarde quelque peu en Asie et plus personne n'en parle. L'annonce de l'arrivée en Suisse de huit millions de doses d'un nouveau vaccin prépandémique se fit dans l'indifférence générale.

Car la grande affaire du moment est le réchauffement climatique. Il faut faire quelque chose. Sortez les agendas ce sera le 7 juillet : Live Earth : 100 concerts de stars dans le monde entier pour lutter contre le réchauffement climatique. Madonna, Genesis, les Red Hot Chili Peppers, les Black Eyed Peas, seront de la partie. Les organisateurs disent que tout sera fait pour économiser l'énergie :-)

Ces quelques réflexions me vinrent à l'esprit lors de la visite de l'exposition Scénario catastrophe au Musée d'éthnographie de Genève à Conches.

Photo : forêt dévastée par les pluies acides en République tchèque Wikipedia