"Le combat contre la censure est un mouvement perpétuel. Le procès contre Charlie-Hebdo en est encore un exemple. On croit parfois que l'on vit dans un monde plus libre mais régulièrement les baillons des pouvoirs, des églises et de tous les moralisateurs-modérateurs-normateurs sont toujours prêt à faire taire les artistes ou les agitateurs d'idées.

On ne peut pas faire de relation entre l'augmentation de la violence et la provocation volontaire de l'oeuvre d'art qui transcende la violence en l’exacerbant parfois pour provoquer une réflexion. S'il y a incitation à la violence c'est plutôt par la médiocrité des émissions télé ou dans l'étalement de bassesses que l'on peut lire quotidiennement dans la Matin Bleu et autres canards qui volent aussi bas.

Et puis Salò est sorti il y a 30 ans, de toute évidence il dénonce la violence du pouvoir en montrant le paroxysme de cette violence exercée par des notables, juges, évêques, aristocrates... En écrivant cela, je me demande si l'argument 30 ans tient la route.

La seule justification que je vois à la censure est dans sa capacité à fixer des limites que les artistes se doivent d'enfreindre et il se peut que le temps ne fasse rien à l'affaire, comme souvent en matière d'art. Encore que je me souviens que les savoyards avaient organisés en 1960 des cars pour venir voir « La Jument Verte » à Genève, le maire d'Annecy (père de l'actuel) ayant interdit la projection dans sa ville.

L'érotisme de la Jument fait aujourd'hui très eau de rose alors que Salò a gardé tout son pouvoir corrosif et dérangeant. Etonnant de penser que les deux films aient 16 ans d'écart seulement."

Merci Joël

article TSR

J'avais parlé de l'affaire ici et ici