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dimanche 26 février 2006

Nos ancêtres les arpitans

Grâce à Joël je me suis découvert quelques ancêtres du côté de l'Arpitanie, et même quelques compétences linguistiques transmises par une grand-mère qui plongeait ses racines profond dans le terroir du Gros-de-Vaud. "Noechâtél" comme la presque totalité de la Suisse romande se situait aussi en Arpitanie.

D'où vient l'arpitan? Nos lointains ancêtres les helvètes parlaient celte comme il se doit pour des celtes. Vint le rouleau compresseur romain qui imposa le latin sur tout le territoire de l'Empire. Au fil du temps le latin évolua en différentes langues romanes, dont au sud la langue d'oc (oc=oui), au nord la langue d'oil (oil=oui), et à l'est l'arpitan (oua=oui) appelé aussi depuis le 19e siècle francoprovençal. Si l'arpitan n'a jamais pris l'importance de ses grandes voisines d'oil et d'oc, il était très vivant dans plusieurs régions. Au fil des siècles le parler de Paris s'imposa (ou fut imposé!) comme langue officielle et devint le français. Les autres langues furent rabaissées au rang de patois. Les patois romands dont certains sont encore parlés dans les cantons de Fribourg et du Valais sont des formes dérivées d'arpitan. Et il semble qu'il soit encore présent dans certains accents et dans plusieurs de ces expressions savoureuses et fleuries du terroir!

L'Arpitanie (voir carte) dans sa partie suisse correspond exactement au territoire romand, excepté le canton du Jura. Ainsi, plus proches de nous que "nos ancêtres les helvètes" il y eut "nos ancêtres les arpitans"! Sommes presque tous des arpitans qui s'ignorent :-)

vendredi 24 février 2006

Le monde dégringole ou "Les notes d'un passant"

À l'occasion de son 125e anniversaire L'impartial publie des pages de ses anciens numéros. Pendant des années le Père Piquerez y a tenu une sorte de blog avant l'heure, un billet presque quotidien intitulé "Notes d'un passant". Le vendredi 7 août 1925, citant partiellement le philosophe Abel Bonnard, il écrivait:

"Le monde change et subit de vastes écroulements. Qu'on pense à ce que la vie sociale était il y a quelque trente années. Elle échappait en grande partie au pouvoir de l'argent. Beaucoup de politesse, beaucoup de services n'étaient pas payés. Le sourire était comme une monnaie supérieure qu'échangeaient les gens de condition différente, enveloppés cependant dans la même harmonie sociale. Aujourd'hui il n'est presque plus de bon office qui ne doive être reconnu par une récompense matérielle, et l'argent domine tout. Il est bien d'autres traits qu'on ne peut nier. L'affaiblissement de la conscience professionnelle en est un. On peut en citer d'autres. Le respect dont les vieillards étaient entourés aura bientôt disparu. Dans la lutte sociale, aussi âpre qu'elle est devenue, le plus vieux n'est que le plus faible et on le lui fait sentir.

On avait cru que les robes courtes pour les femmes et les cheveux courts n'étaient que des modes. Ce sont des changements décisifs, il est probable qu'on ne reverra plus les cheveux longs, ni les robes longues. Un certain type de femmes s'exile, quitte le présent, se retire dans les oeuvres des romanciers et des poètes. Tandis qu'abonde autour de nous la petite compagne trop leste, sans réserve et sans mystère, qui n'est si vaine (?) de l'égalité qu'elle croit avoir conquise, que parce qu'elle n'aperçoit pas encore l'infériorité où elle va tomber. Nous tombons d'une société policée à une société primitive et le mot même de civilisation ne désignera bientôt plus que l'organisation rudimentaire de quelques instincts.

Cheveux courts... robes courtes... masculinisme d'allures et d'idées chez les femmes. Préoccupation d'argent... d'auto et de benzine chez les hommes. Au dancing ça se réunit et tout tourne sur une musique de nègre! Par le temps qui court, c'est bien le monde qui dégringole..." (benzine = essence)

Le Père Piquerez

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jeudi 23 février 2006

Ce minaret que je ne saurais voir

minaret

Wangen bei Olten. En zone industrielle une association culturelle turque demande l'autorisation d'agrémenter son bâtiment d'un minaret. Aucun muezzin, aucun appel à la prière qui pourraient perturber les activités laborieuses du quartier, juste un petit minaret symbolique de 6 mètres de haut, un petit minaret pour se sentir comme chez soi. Le vice-président de l'UDC locale s'émeut et se met en campagne pour la récolte de signatures. 400 citoyens (sur 4700 habitants) s'opposent au projet dénonçant une "expansion islamique". Refus du permis de construire justifié par des raisons de zone industrielle non appropriée à ce type de construction, de projet non conforme aux normes de constructions sur les toits. Recours de l'association turque. Ceci après d'autres refus, à Wohlen, Nidau, Wabern.

Sur 120 lieux de prière, seulement deux mosquées avec minaret en Suisse. Celle de Genève, inaugurée en 1978 par le roi Khaled d'Arabie Saoudite, et celle de Zurich construite en 1963. Époque où l'on ne percevait nulle menace d'"expansion islamique", juste un peu d'exotisme dans le paysage!

Deux mosquées avec minaret et... un minaret sans mosquée cadeau de Philippe Suchard à Serrières en 1870. Cadeau ou... grosse farce?

mercredi 22 février 2006

Permettre aux mères de famille de mettre en ordre leur ménage à la veille du dimanche!

Dans un écrit de 1897 on découvre le rôle que tenait l'entreprise Suchard pour son personnel.

L'entreprise Suchard assurait à ses employés/ouvriers la gratuité des soins médicaux, l'assurance contre les accidents, l'instruction des enfants, l'éducation des jeunes filles en vue de leur travail futur de ménagères, la formation continue du personnel, des logements confortables et bon marché à la cité Suchard, une salle de lecture, une cuisine économique, un encouragement à l'épargne par des dons et legs des chefs de la maison Suchard, une augmentation de salaire proportionnée aux années de travail, une assurance au décès, un fonds destiné à aider les jeunes gens au moment de leur mariage, des allocations à ceux qui sont appelés au service militaire... et cerise sur le gâteau, la dispense de travail le samedi après-midi pour le personnel féminin, afin de permettre aux mères de famille de mettre en ordre leur ménage à la veille du dimanche!

Bien-sûr celui qui quittait l'entreprise perdait tout. Et l'exercice du balai ne risquait pas de faire concurrence au prêche de Monsieur le Pasteur le dimanche matin! Ça stabilise une société ça!

Photo: quelques maisons de la Cité Suchard

Ne manquez pas cette animation montrant la Cité Suchard hier et aujourd'hui Cliquez: le lac disparaît et réapparaît!